CONSEIL - FORMATION - COACHING

Passer du « Lâcher prise » à l’ « Oser prendre »

Par Jean-Michel PHILIPPON

Au sacro-saint « Lâcher prise », relayé dans tous les ouvrages de développement personnel et dicté par tous les bienfaiteurs de la relation d’aide, je vous propose d’essayer plutôt le : « Oser prendre ».
« Il faut lâcher prise ! » « Tu devrais lâcher prise, et tu verras ce sera mieux après. » Ces injonctions nous sont répétées à longueur de journée pour notre plus grand bien, et nous même les relayons à notre tour.

Demandez à un alpiniste de lâcher prise, il vous répondra « OK, mais à la condition d’avoir par avance repéré ma prochaine prise, c’est ma vie qui est en jeu ! » Ce qui lui fait lâcher prise, ce n’est pas une injonction bienveillante de ne plus être accroché, mais c’est la vision d’une nouvelle voie, une nouvelle prise qui va lui permettre d’avancer, de progresser, d’aller plus haut et cela sans danger de se retrouver détaché de la paroi.

Passer du lâcher prise à loser

Quand nous sommes attachés à une prise et que nous ne voulons pas la lâcher, c’est souvent qu’inconsciemment, cette action nous semble impossible au regard de l’enjeu que nous mettons à la garder. Si nous ressentons ce besoin d’avoir une prise c’est déjà que la peur n’est pas loin. Alors une demande de la lâcher, c’est rajouter de la peur à la peur. Ignorer cette prise à laquelle nous tenons tant et depuis longtemps, c’est scier la branche qui nous soutient. Que risque t-il de se passer après ?

L’accompagnement de coaching tel que je le pratique, ne va pas suggérer à son client, même avec une extrême bienveillance de lâcher prise, mais de détourner son regard de cette prise, vitale certes pour lui à cet instant, mais statique et paralysante, pour envisager d’autres prises encore plus nourrissantes et surtout plus dynamiques et facilitatrices dans l’atteinte de l’objectif recherché.

Comme l’alpiniste, c’est la projection vers la nouvelle prise qui va justifier le lâcher prise. Le travail de coaching va permettre dans un premier temps, comme pour l’alpiniste, de ne pas craindre de regarder autour de soi et de se projeter, non pas dans le vide, mais dans d’autres voies. La visualisation d’autres possibles donnent des ailes aux plus tenaces. Les protections et les permissions données par le coach, vont permettre au client de voir plus clairement ses « autres possibles » et de faire son choix. Les autres chemins ne sont visibles qu’à ceux qui veulent bien ouvrir les yeux. Elargir sa vision donne de la confiance, la confiance donne la liberté d’avancer.

La liberté n’est pertinente que si son usage donne l’opportunité d’aller vers un avenir.

La confiance établie entre le coach et son client va permettre à ce dernier d’avoir un regard objectif sur la notion de risque. « Quel serait le risque à lâcher ma prise actuelle et quel serait le risque à la garder ? » Au fil des séances le risque perçu initialement par le client se transformera très vite en une formidable opportunité, celle : « d’aller vers », celle de « devenir », celle de construire « son avenir ». Un pas après l’autre et un pas devant l’autre, le client se voit accompagné sans risque vers un autre possible, tout en ayant la liberté de choisir.

Personnellement, j’aime dans mes interventions être ce que j’appelle un « présentateur d’hypothèses » pour mon client. Concrètement cela ce traduit le plus souvent par une phrase débutant par « Et si….. ». Cela permet au client de se projeter visuellement et émotionnellement dans un ailleurs de façon momentanée et réversible. La qualité d’écoute verbale et surtout non verbale permet alors au coach de voir le comportement et les ressentis de son client dans cette nouvelle situation. L’hypothèse proposée est une permission donnée au client.

Tout ce qui ressort de ce voyage virtuel est riche de compréhension pour celui qui peut le voir et l’entendre. Telle la réception d’un télescope ce ne sont le plus souvent que d’infimes signaux perçus qui viennent de très loin qu’il faudra analyser, diagnostiquer et partager si besoin. L’écoute active du coach sur ces signaux représente une protection pour le client.

L’alpiniste lui aussi va un court instant s’imaginer prendre la prise suivante et analyser alors quelle pourra être sa nouvelle position à la fois en terme de sécurité comme en terme de progression vers le sommet. Par les perspectives de la nouvelle prise, lâcher devient alors un acte volontaire, engageant et dynamique.

Par le partage et le recentrage sur le réel du contexte, le client accepte de perdre un peu. Il perçoit là le prix de sa liberté. Le coach n’est pas le savant et encore moins le sauveteur. Le bureau des plaintes n’est pas grand ouvert.

Pour le coach, le pourquoi du non lâcher prise, importe moins que la cécité de son client à ne pas voir, ou ne pas vouloir voir les autres options. L’attention est portée sur le frein de son client à ne pas envisager, consciemment ou inconsciemment, un nouveau possible.

La première et la plus belle des manifestations du « oser prendre » est justement celle de vouloir être accompagné pour aller de l’avant. En bien des situations le coach ne fait qu’une chose simple et naturelle, celle d’écouter et de donner la main à celui qui veut avancer.

Le futur est fait de circonstances, l’avenir est fait de choix.

Votre avenir est prêt de vous. Osez le prendre et vous lâcherez prise !

Jean-Michel PHILIPPON

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